L’église de Commequiers
 
   L’église de Commequiers s’élève à l’emplacement de l’ancien prieuré créé par les moines bénédictins de Marmoutier près de Tours, qui assurèrent le service paroissial jusqu’au début du 18ème siècle, époque où ils furent remplacés par le clergé séculier.
   La base du clocher date du 14ème siècle. La nef et le transept nord ont été reconstruits en 1870.L’église de Commequiers ne fut pas incendiée à la Révolution, mais ses biens furent confisqués et dilapidés en grande partie. Dans son état actuel, elle a conservé la tour massive de son clocher, reposant sur des assises millénaires.
   Elle fut restaurée en 1969, présentant un aspect enrichi par les beaux vitraux qui ont été alors posés. On y remarque, à droite de l’autel, un Christ en croix du 17ème siècle ainsi que, au-dessus du baptistère, un Saint-Benoît, huile sur toile du 18ème siècle.
 
 
 
LES VITRAUX
Notice de André Bouzendorffer du 18 janvier 1970
 
LES PRINCIPES DE BASE
La réussite fondamentale du vitrail est son accord avec la lumière qui en change constamment l’aspect et lui donne, selon l’orientation et, l’heure, sa froide austérité ou sa flamboyante rutilance, autrement dit sa vie.
Les verres devront être choisis en accord avec la coloration de la lumière, les tons froids (bleus et verts) à l’ombre, les tons chauds (jaunes et rouges) au soleil. Ce n’est pas par hasard si, dans nos cathédrales, les bleus, les verts et autres tons froids prédominent sur les faces nord tandis que les jaunes et rouges jouent dans les vitraux recevant la riche lumière solaire.
 
LA REALISATION DANS CETTE EGLISE
Les fenêtres de gauche, perpétuellement dans l’ombre, ont été traitées en bleus froids, roses mauves, jaunes verdâtres, s’harmonisant avec une telle lumière.
La grande verrière, orientée vers l’est, reçoit la lumière du matin et se trouve dans l’ombre l’après-midi ; inversement la rosace qui lui fait face, orientée à l’ouest, est éclairée par le soleil couchant. Le problème consistait donc à équilibrer la coloration afin que les tons chauds chantent à la lumière solaire tandis que les tons froids donneront une lumière sereine lorsque ces vitraux seront dans l’ombre.
Les fenêtres, ne représentant qu’une faible surface d’ouverture, devaient recevoir des vitraux très clairs et d’une coloration très douce afin de créer une ambiance lumineuse variant au fil des heures. Toutefois, pour éviter la monotonie, il convenait de donner plus de force à certaines fenêtres, délimitant les axes de l’église qui sont :
 
  • La grande verrière et la rosace : axe longitudinal
  • La fenêtre du clocher et, à un degré moindre à cause du faible éclairement, celle lui faisant face : axe transversal.
 
 
Ces deux axes forment une croix imaginaire avec l’autel à l’intersection des deux branches.
 
LE CHOIX D’UN STYLE NON FIGURATIF
 
Ce choix a été fait pour les raisons suivantes :
  1. Le temps n’est plus où un vitrail devait enseigner par l’image l’histoire sainte à des gens ne sachant pas lire ;
  2. Ne pas figer les saints ou le Seigneur lui-même dans une représentation conventionnelle d’un physique que nous ignorons alors que l’important est leur spiritualité qui, par essence, échappe à toute description figurative ;
  3. Une œuvre abstraite (sans figure) doit être ressentie par le spectateur et toucher sa sensibilité profonde tandis qu’un figuratif impose une image, s’adressant à l’intelligence et la raison.
 
VITRAIL DU BAPTISTERE ET VITRAIL DU COTE SUD
Le vitrail du baptistère a été composé le premier et a donné le caractère général de l’ensemble.
Comme il a été dit plus haut, ce coté de l’église, par son ensoleillement, devait être traité par des tons en harmonie avec la lumière solaire, l’ensemble devant rester clair et lumineux. D’autre part, la présence du baptistère nécessitait une harmonie suggérant l’eau vive, la lumière, la pureté et la fraîcheur.
En haut du vitrail, le vol d’une colombe est suggéré dans une lumière dorée dont les éclats se reflètent et étincellent sur le bleu-vert de l’eau vive non encore souillée : les roses tendres, vifs et frais, symbolisent la lumière d’un renouveau, « l’aurore aux doigts de rose » dont parle Homère, le poète antique.
Les deux petites fenêtres de ce même côté expriment également la lumière, le ciel et l’eau dans leur pureté primitive.
 
VITRAIL DE LA CHAPELLE DU SAINT-SACREMENT ET VITRAUX COTE NORD
Coloration et harmonie plus froide et plus grave s’accordent avec l’ambiance du dernier repas de Jésus avec ses apôtres. Les roses symbolisant la fraîcheur d’un renouveau plein d’espoir prennent ici une nuance plus grise et plus sourde.
L’opposition des bleus et des roses mauves en grandes taches aux contours vagues et indéfinis tend à exprimer le sentiment de solitude et d’angoisse d’une séparation proche ou d’un timide espoir en quelque chose d’encore indéfini et incompris.
Le plus grand des quatre vitraux (en face du clocher) exprime l’espoir sous la forme de lumière rose, jaune et dorée, cernant, dissipant et éclairant les bleus froids.
 
 
GRANDE VERRIERE
Située au levant, elle devait être sombre afin de ne pas éblouir les fidèles tout en laissant le maximum de clarté à l’église. Il convenait donc d’obscurcir le bas du vitrail et d’éclaircir la partie haute.
Cette verrière, ensoleillée le matin, dans l’ombre l’après-midi et le soir, devait comporter un équilibre de tond froids et de tonds chauds, afin d’être vivante quelle que soit l’heure du jour.
Ces impératifs ont inspiré le thème de la Résurrection, de la montée des froideurs inquiétantes du tombeau à la rayonnante et chaude lumière du ciel et du soleil d’où la lumière descend, tandis que de fortes lignes de ciment s’élèvent comme une aspiration des ténèbres à la lumière.
 
FENETRE SOUS LE CLOCHER EN FACE DES GRANDES ORGUES ET DANS L’ESPACE CHORAL
Deux rythmes s’élèvent, se développent en contrepoint et se terminent en éclatement de notes claires. Ce vitrail traduit les émotions ressenties à l’écoute de certains morceaux de Jean-Sébastien BACH.
 
ROSE ET PETITS VITRAUX DE LA FACADE OUEST
Composés dans le seul but d’apporter une note colorée et dynamique, les deux petits vitraux de part et d’autre du portail se veulent clairs, colorés et joyeux.
Ces trois vitraux, dans leur ensemble, ont été conçus pour apporter un sentiment de sérénité joyeuse au sortir de l’église.
 
NATURE DES MATERIAUX
Les verres ont deux cm d’épaisseur. Ils sont naturels, colorés d’une teinte uniforme ou – ce qui est plus délicat - veinés de teintes variées. Les joints, un peu en retrait mais réguliers, sont en époxy, ciment particulier mêlé de résine, fort résistant, et dont le coëficient de dilatation s’harmonise avec celui du verre.
 
André Bouzzendorffer
1 éditions. Dernier : 05/05/2013 | 00:46:41
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